Quand on parle d'agent IA sur un ERP, la conversation porte presque toujours sur ce qu'il sait faire. Rarement sur ce qu'il coûte à l'usage, mois après mois, une fois que toute l'équipe s'en sert. C'est pourtant là que les budgets dérapent : pas à l'installation, mais au compteur.
Trois façons de payer coexistent en 2026. Les crédits, que facture désormais Odoo. Les abonnements par siège, que facturent les assistants du marché. Et une machine à vous, qui fait tourner un modèle ouvert et ne facture rien à la question. Voici ce que chacune coûte vraiment, chiffres sourcés, et pourquoi la troisième est souvent la plus sous-estimée.
Odoo 20 : 1 € le crédit, et un compteur que personne ne publie
Avec Odoo 20, plus de clé API à saisir : toutes les fonctions d'IA passent par le service d'Odoo et se paient en crédits achetés à part. Sur le catalogue officiel des services Odoo, le service Odoo AI se vend 1 € le crédit, en packs de 10 à 1 000 crédits, sans remise de volume, avec 20 crédits de départ.
Ce que la page ne dit pas, c'est combien de crédits consomme une question. Elle indique seulement que la consommation varie selon la fonction, la complexité de la tâche et la taille de la demande. Autrement dit, vous ne pouvez pas budgéter avant d'avoir mesuré. Et un agent qui travaille bien, c'est un agent qui appelle beaucoup d'outils : plus il est utile, plus il décompte.
Et ces crédits s'ajoutent à l'abonnement : l'IA agentique n'est ouverte que sur le plan Custom, à 44,90 € par utilisateur et par mois en annuel contre 24,90 € pour le Standard. Soyons justes : une connexion externe par API, comme la nôtre, demande le même plan. Ce surcoût ne départage donc pas les deux voies, mais il faut l'avoir en tête avant de comparer.
Les abonnements par siège : on paie la présence, pas l'usage
Les assistants du marché se vendent par utilisateur et par mois. Claude Team coûte 20 $ par siège et par mois en annuel, 25 $ en mensuel. ChatGPT Business se place dans le même ordre de grandeur. Microsoft 365 Copilot pour les PME a été annoncé à 21 $ HT par utilisateur et par mois, en plus de la licence Microsoft 365.
Pour une équipe de dix, cela fait 2 400 à 3 000 $ par an, chaque année, que les dix s'en servent ou que trois seulement ouvrent la fenêtre. Et aucun de ces abonnements ne lit votre Odoo tel quel : il faut encore le brancher, et décider ce qui sort de chez vous.
C'est d'ailleurs ce que fait le serveur MCP natif d'Odoo 20 : il laisse Claude, ChatGPT ou Codex lire votre base avec une clé API. Ce chemin-là ne décompte pas de crédits Odoo, mais il passe par l'abonnement du client IA, donc par siège, et vos données sortent vers son éditeur pour être lues.
Une machine à vous : zéro à la question
La troisième voie est la moins visible, parce que personne n'a intérêt à vous la vendre. Un modèle ouvert, installé sur un ordinateur équipé d'une bonne carte graphique, répond à autant de questions que la machine en absorbe, pour zéro euro à la question. Pas de crédit, pas de siège, pas de compteur. Et vos données ne quittent pas la machine. Zéro à la marge, pas au total : la machine, l'électricité et son administration restent à payer, et c'est tout le calcul qui suit.
Ce qu'il faut comme carte, d'après ce qui tourne chez nous :
- 8 Go, une carte de joueur courante. Un petit modèle (4 à 9 milliards de paramètres) qui classe, transcrit, résume. Notre modèle de 9 milliards tourne en permanence sur une carte de ce type. C'est assez pour commencer, pas pour répondre sur des chiffres d'ERP.
- 24 Go, le niveau qui ne ment pas sur un ERP. Un modèle de 27 milliards quantifié, plus la transcription vocale et la lecture d'images. Sur nos essais d'octobre, à questions égales, le modèle de 9 milliards inventait des chiffres et le 27 milliards n'en inventait pas. Une carte de 16 Go ne le tient pas.
L'ordre de grandeur matériel pour une machine 24 Go, avec une carte d'occasion : 2 000 à 2 500 € une fois, plus l'électricité. Comparé aux abonnements d'une équipe de dix, c'est amorti en moins d'un an. À l'inverse, louer une carte équivalente dans le cloud, allumée jour et nuit, coûte de l'ordre de 550 € par mois : à ne faire que pour un traitement ponctuel, allumée pour le lot et éteinte après.
Une machine à vous n'est pas moins chère dans l'absolu. Elle remplace un compteur par une administration. Et l'administration, ça se délègue.
Vous avez peut-être déjà commencé
C'est ce que nous constatons le plus souvent chez les dirigeants tech-curieux : la machine existe déjà. Un PC de joueur, un modèle téléchargé un dimanche, un essai qui a bluffé puis qui est resté dans un coin. Le réflexe était bon. Ce qui manque en général, ce n'est pas la puissance, ce sont quatre choses :
- des outils qui branchent le modèle sur Odoo, pour qu'il lise le dossier d'un client au lieu de deviner (voir un petit modèle bien outillé) ;
- des garde-fous dans le code, pour qu'il ne touche jamais à un prix (voir l'agent qui ne peut pas toucher aux prix) ;
- une administration à distance : mises à jour, supervision, redémarrage, sauvegardes, sans que personne chez vous n'ait à s'en occuper ;
- savoir quand monter en puissance : passer de 8 à 24 Go, ajouter la voix, router une tâche lourde vers un modèle plus grand le temps d'un lot.
C'est exactement notre rôle : reprendre votre machine ou en installer une, l'administrer à distance, et la faire monter en puissance quand l'usage le demande, à un coût qui reste celui d'une machine et non d'un compteur.
Et quand le modèle ne parle pas votre métier : le fine-tuning
Le plus souvent, de bons outils suffisent et l'entraînement est inutile. Mais quand un modèle doit adopter un vocabulaire, un ton ou un format très particulier, on l'entraîne, et ça se fait aussi sur du matériel courant. Sur kiaraoke.fr, un jury de chant à trois personnalités, nous avons outillé l'entraînement d'un petit modèle sur une carte de 8 Go (un adaptateur LoRA). Sur notre chaîne de courtes vidéos animées, des adaptateurs du même type tiennent les personnages d'un épisode à l'autre. Nous ne le vendons pas en premier. Nous nous y collons quand les erreurs mesurées le justifient.
Quand ce n'est pas le bon calcul
Si trois personnes posent dix questions par mois, les 20 crédits de départ d'Odoo ou un seul abonnement suffisent, et une machine serait de l'ingénierie inutile. Si vous avez surtout besoin de rédiger des propositions longues ou de raisonner sur des situations inédites, les grands modèles d'éditeurs restent devant : on les garde pour ça, et on route le reste. Le détail de cet arbitrage, côté hébergement, est dans coder, louer ou héberger soi-même.
Ce calcul est au cœur de notre serveur MCP pour Odoo, qui tourne sur un modèle ouvert chez vous ou sur une machine que nous administrons. Pour savoir ce que change Odoo 20 au-delà du prix : Odoo 20 ouvre la porte aux agents. Et pour faire le calcul ensemble sur vos sièges, vos crédits et votre machine, soixante minutes sans engagement : prenez rendez-vous.
